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Les usages des professions

Le sujet des usages est très intéressant.

Prenons l’exemple des codes sociaux : en France, nous avons pour habitude de dire “Bonjour” et de nous serrer la main (enfin avant le confinement en tout cas). C’est un usage, un code social. Nous pouvons l’interroger car il n’est pas partagé dans tous les pays. En questionnant les usages, le sujet n’est pas de remettre en cause des codes sociaux qui se sont construits sur de longues périodes mais de prendre conscience que ces codes existent et qu’ils sont rarement questionnés, par habitude.

Concernant les entreprises on pourrait se poser la même question quand aux habitudes. Est-ce que ces habitudes ont du sens, notamment pour le client ? Formulé autrement, est-ce que les usages d’une profession créent de la valeur pour le client ?

Le sujet n’est pas anodin. Nous allons le voir ci-dessous à partir de l’exemple des agences immobilières.

En 2021 toutes les agences immobilières de France ont la même vitrine 

Pour illustrer mon propos je suis allé capturer avec Google Street View des photos d’agence immobilières. Elles sont situées dans une même rue sur une distance totale de 150m, donc très proches. Toutes ces agences immobilières ont une vitrine qui :
  • donne sur la rue,
  • ne permet pas de voir l’intérieur de l’agence,
  • affiche la liste des biens à louer ou à vendre.
Nous sommes sur un marché à maturité, celui de l’immobilier. Assez logiquement, les différents concurrents propose la même offre à leurs clients, la même liste de propositions de valeurs.

Ces vitrines montrent que les agents immobiliers ont pour habitude de considérer qu’une entreprise sérieuse de l’immobilier doit avoir :

  • une vitrine large qui crée de la confiance pour le client ;
  • des offres affichées  nombreuses et diversifiées qui sécurisent le client.
Au moment de la création de ces deux usages, leur efficacité avait sans doute été vérifiée. Mais ne peut-on pas aujourd’hui interroger ces usages et rechercher si d’autres leviers peuvent créer de la confiance chez le client.
En outre, copier systématiquement ce que font les professionnels du secteur, pose la question de la capacité à se différencier de ses concurrents.

Et si on faisait différemment ?

Des entrepreneurs ont revisité le Business Model des agents immobiliers, en interrogeant les usages habituels des agents immobiliers. Ils se sont tout simplement demandés si ces usages étaient toujours d’actualité, s’ils créaient encore de la valeur pour le client final.

Est-ce qu’une grande vitrine reste nécessaire pour mettre en confiance le client, à l’heure du digital ? N’y a-t-il pas d’autres moyens pour montrer au client que l’on a du choix qu’une vitrine avec des affichages ? Ne pourrait-on pas imaginer des agents immobiliers qui travaillent de chez eux et économiser ainsi le prix d’un magasin ? 

C’est en questionnant les usages que de nouveaux agents immobiliers ont émergé : des réseaux d’agents travaillant en indépendants, sans vitrine et sans catalogue d’offres.

En résumé

  • Plus une profession existe depuis longtemps, plus a elle des usages et des habitudes.
  • Les usages et les habitudes sont rarement remis en question par une profession. Ils sont perçus comme comme des éléments qui sécurisent le métier et le client.
  • Les usages d’une profession ne créent pas toujours de la valeur pour le client, ils s’installent par habitude.
  • Plus une profession existe depuis longtemps, plus la proposition de valeur finale faite au client doit être importante, pour essayer de se différencier.
  • Si les usages et les habitudes d’un secteur sont interrogés, pour supprimer tous les éléments qui ne créent pas de valeur,  l’entreprise qui entreprend cette démarche peut alors  très vite  prendre des parts de marché importantes.
 
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